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Influence de la congélation sur le taux de fragmentation de l’ADN des spermes normaux à sévèrement altérés

  • Célia Sabbagh1,
  • Martine Albert1Email author,
  • François Vialard1, 2,
  • Ibrahim Hammoud1,
  • Marianne Bergere1,
  • Vincent Delabroye1,
  • Denise Molina-Gomes1,
  • Marc Bailly3,
  • Raoul Lombroso3 et
  • Jacqueline Selval2
AndrologieJournal officiel de la Société d’andrologie de langue française17:BF03041156

https://doi.org/10.1007/BF03041156

Reçu: 15 juillet 2006

Accepté: 15 décembre 2006

Resume

La cryoconservation de spermatozoïdes est une technique couramment utilisée en AMP, en particulier dans les cas d’oligospermie sévère, dans la crainte d’une aggravation ultérieure. L’objectif de notre étude a été de rechercher un effet délétère éventuel du processus de migration-congélation-décongélation sur la fragmentation de l’ADN des spermatozoïdes évaluée par la technique TUNEL.

L’étude a porté sur 72 patients répartis en 4 groupes selon leurs caractéristiques spermatiques: groupe 1 [n=20] (paramètres «normaux» selon l’OMS), groupe 2 [n=24] (numération spermatique normale associée à une asthéno et/ou une tératospermie), groupe 3 [n=16] (numération totale comprise entre 5 et 20 millions), groupe 4 [n=12] (numération totale inférieure à 5 millions). Une évaluation des paramètres spermatiques conventionnels et de la fragmentation de l’ADN (technique TUNEL) a été réalisée sur le sperme entier (non migré non congelé) et sur le sperme décongelé. Une évaluation des taux de fragmentation a également été réalisée sur la fraction migrée avant congélation pour 20 patients (10 du groupe 1 et 10 du groupe 2); cette analyse n’a pas pu être effectuée sur les prélèvements oligospermiques (groupes 3 et 4).

Après l’ensemble du processus de migration, congélation et décongélation du sperme, le taux de fragmentation diminue dans la population témoin (groupe 1), alors qu’il augmente significativement dans les groupes de patients présentant des paramètres spermatiques altérés (groupes 2, 3 et 4). En examinant l’étape intermédiaire, la migration diminue les taux de fragmentation dans les 2 groupes étudiés par rapport au sperme entier.

Donc le taux de fragmentation diminue après migration, puis s’élève après congélation-décongélation à un taux inférieur à celui du sperme entier dans la population témoin, alors qu’il remonte à un taux plus élevé lorsque le sperme est altéré. Cependant, cet effet délétère de la congélation sur les spermes altérés reste modéré.

En conclusion, ces résultats sont plutôt en faveur de l’autoconservation de sperme pour les patients oligospermiques sévères. Correspondance:

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