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La sélection des spermatozoïdes à fort grossissement permet-elle une diminution de la fréquence des aneuploïdies spermatiques?

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  • 1, 3,
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  • 1, 3,
  • 1, 3 et
  • 1, 3
AndrologieJournal officiel de la Société d’andrologie de langue française18:274

https://doi.org/10.1007/BF03040721

  • Reçu: 15 aôut 2008
  • Accepté: 15 aôut 2008

Resume

L’infertilité masculine sévère peut se retrouver chez 2 catégories d’hommes. Les hommes infertiles à caryotype anormal, qui représentent 2 à 14% des sujets infertiles, peuvent produire des spermatozoïdes porteurs du déséquilibre chromosomique lié au remaniement initial du patient entraînant un risque variable de transmission de cette anomalie à leur conceptus. La deuxième catégorie est celle des hommes infertiles à caryotype normal chez qui il a été décrit un taux d’aneuploïdie spermatique augmenté lorsqu’ils présentaient une oligo et ou une asthénozoospermie sévère et/ou lorsqu’ils étaient issus de couples en échec d’implantation. Le traitement classique en Assistance Médicale à la Procréation pour ses 2 catégories étant l’ICSI en dépit du risque chromosomique accru évident. Se pose alors la question de savoir s’il est possible de reconnaître morphologiquement les spermatozoïdes au contenu chromosomique anormal au cours de l’ICSI.

Malheureusement, il n’a pas été mis en évidence de relation entre la morphologie des spermatozoïdes au grossissement ×200 de l’ICSI et leur contenu chromosomique. Néanmoins depuis la fin des années 90, l’équipe de Bartoov a mis au point une méthode d’observation fine de la morphologie spermatique, dénommée MSOME, qui propose d’observer les spermatozoïdes avec un grossissement allant jusqu’à ×12250. Cette technique étant proposée dans les cas d’échecs répétés d’ICSI, l’amélioration des taux d’implantation ainsi que des taux de grossesse est-elle due à une meilleure sélection du contenu chromosomique du spermatozoïde à injecter ?

L’objectif de ce travail a donc été d’évaluer l’intérêt du MSOME dans la sélection des spermatozoïdes euploïdes (contenu chromosomique normal). Pour cela, nous avons choisi de travailler sur 2 groupes de patients connus pour leur taux d’aneuploïdie spermatique augmenté.

Le groupe 1, constitué de 2 patients à caryotype normal, présentant un syndrome de macrocéphalie spermatique avec plus de 99% de spermatozoïdes aneuploïdes.

Les groupes 2, constitués de 11 patients à caryotype anormal, 6 patients porteurs de translocations réciproques et 5 patients porteurs de translocations robertsonniennes.

Le but de l’étude était de comparer les résultats de la FISH sur spermatozoïdes après sélection au grossissement ICSI et MSOME par rapport au sperme entier. Les particularités de notre protocole ont été: (1) tous les spermatozoïdes sélectionnés en MSOME étaient des “top spermatozoïdes” (2) de fixer les spermatozoïdes sélectionnés ; (3) valider la lecture en FISH sur les cellules sélectionnés par deux lecteurs différents.

L’analyse en FISH des chromosomes X, Y et 18 chez les patients présentant la macrocéphalie spermatique a montré que la sélection en MSOME élimine les spermatozoïdes polyploïdes et diploïdes, mais les 6 spermatozoïdes sélectionnés sont tous haploïdes aneuploïdes. Pour les 5 sujets porteurs de translocations robertsonniennes, les résultats de l’analyse en FISH ont montré paradoxalement une diminution significative du taux de spermatozoïdes euploïdes en sélection MSOME par rapport au sperme entier. Concernant les 6 patients porteurs de translocations réciproques, les résultats globaux de l’analyse en FISH des différentes translocations réciproques étaient homogènes entre les patients et le taux d’aneuploïdie global n’était pas différent entre le sperme entier et les 2 méthodes de sélection. Par contre, nous avons remarqué une diminution significative de la fréquence des ségrégations adjacente 1 et 2 entre le sperme entier et la sélection en MSOME, accompagnée d’une augmentation significative de la fréquence de la ségrégation 3:1. Les ségrégations (adjacente 1 et 2) qui modifient la structure des chromosomes pourraient entraîner des modifications morphologiques visibles en MSOME et seraient donc éliminées. L’hypothèse d’une modulation de l’efficacité de l’apoptose spermatique en fonction de la morphologie et du contenu chromosomique du spermatozoïde est à discuter.

En conclusion, le MSOME semble permettre d’éliminer les spermatozoïdes di ou polyploïdes, mais ne garantit pas le contenu chromosomique haploïde des “top“ spermatozoïdes sélectionnés. De plus, les résultats que nous avons obtenus sur une petite série de patients suggèrent que le MSOME pourrait éliminer certaines anomalies chromosomiques qui altéreraient la structure nucléaire spermatique.

Mots clefs

  • spermatozoïde
  • morphologie
  • MSOME
  • macrocéphalie
  • translocation
  • FISH

Notes

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