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Aromatase et infertilité masculine

  • 1Email author,
  • 2,
  • 1, 3,
  • 3 et
  • 1, 2
AndrologieJournal officiel de la Société d’andrologie de langue française18:258

https://doi.org/10.1007/BF03040719

  • Reçu: 15 septembre 2008
  • Accepté: 15 septembre 2008

Resume

Chez la plupart des mammifères étudiés jusqu’à ce jour, l’aromatase est présente dans les cellules somatiques et les cellules germinales du testicule. Ainsi chez le rat adulte nous avons démontré l’existence d’une aromatase fonctionnelle, notamment dans les spermatocytes pachytènes et les spermatides rondes, qui assure une production d’estrogènes équivalente à celle des cellules de Leydig.

Chez l’homme, outre les cellules de Leydig nous avons mis en évidence l’aromatase dans les cellules sexuelles immatures et dans les spermatozoïdes éjaculés. Plus précisément, l’expression de l’aromatase diminue de 30% dans la fraction de spermatozoïdes immobiles comparée à celle contenant les spermatozoïdes mobiles d’un même prélèvement. Sur des échantillons issus de patients asthénospermiques, tératospermiques, et asthénotératospermiques, les taux de transcrits de l’aromatase sont respectivement diminués de 44, 52, et 67% par rapport à celui des patients normospermiques. De plus, ces taux de transcrits sont fortement corrélés (r = -0,64) aux pourcentage d’anomalies morphologiques du spermatozoïde et notamment à celles touchant la tête et l’acrosome en particulier.

Des techniques immunocytochimiques associées à la microscopie confocale indiquent une forte localisation de l’aromatase au niveau du flagelle et de la pièce intermédiaire. Les altérations de la fertilité chez l’homme déficient en aromatase et nos résultats suggèrent une participation probable des estrogènes dans la mobilité et la survie des spermatozoïdes. De plus, la corrélation du taux de transcrit au degré de tératospermie ainsi qu’une localisation partielle de l’aromatase au niveau de la tête du spermatozoïde semblent confirmer l’implication de l’aromatase au cours de la réaction acrosomique.

Il est donc envisageable d’utiliser l’aromatase comme marqueur du bon déroulement de la spermatogenèse et comme paramètre pour estimer la fécondance. En somme, dans le contrôle des fonctions de reproduction chez le mâle, outre les gonadotrophines et la testostérone, les estrogènes ont un rôle certainement plus complexe que cela avait été suggéré, compte tenu de l’expression particulière de l’aromatase et de la présence de récepteurs aux estrogènes dans les cellules testiculaires et les spermatozoïdes en particulier. L’infertilité est un problème de société qui concerne tous les pays et donc les études menées sur les empreintes nucléaires doivent permettre de mieux comprendre certains aspects de la Physiopathologie de la reproduction masculine.

Mots clés

  • aromatase
  • estrogènes
  • spermatozoïde
  • testicule
  • homme
  • fertilité

Notes

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