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Hyperprolactinémie et fonction sexuelle chez l’homme

AndrologieJournal officiel de la Société d’Andrologie de Langue Française15:366

https://doi.org/10.1007/BF03035295

Reçu: 15 juin 2005

Accepté: 15 juin 2005

Resume

La dysfonction érectile (DE), le plus souvent associée à une diminution du désir sexuel, et parfois à des dysfonctions orgasmique ou éjaculatoire, est le principal symptôme révélateur de l’hyperprolactinémie (HPRL) masculine, pathologie à ne pas méconnaître car elle est souvent associée à un adénome hypophysaire qui peut exposer à des complications sérieuses. On attribue fréquemment les dysfonctions sexuelles des hommes hyperprolactiné-miques à une diminution de la sécrétion de testostérone. En fait la testostérone plasmatique est normale chez beaucoup d’entre eux. Il existe d’autres mécanismes, indépendants de la testostérone, impliquant probablement des neurotransmetteurs cérébraux. Le dosage systématique de la prolactine (PRL) sérique chez les hommes consultant pour DE n’a trouvé que des prévalences faibles d’HPRL franche (> 35 ng/ml: 0,62% dans une compilation de 10 grandes séries) et d’adénomes hypophysaires (0,38% parmi les même séries). L’association HPRL-DE pouvait n’être parfois qu’une coïncidence sans relation de cause à effet puisque les macroprolactines, variants biologiques inactifs ou peu actifs de la PRL, peuvent être dosées par la plupart des méthodes immunologiques courantes et être prises à tort pour de la PRL active. Leur identification nécessite une chromatographie de la PRL, qui relève de laboratoires hautement spécialisés. Il n’y a pas actuellement de consensus en ce qui concerne le dépistage de l’HPRL dans la DE: un dosage systématique de la PRL pourrait se justifier puisque l’HPRL est une maladie sérieuse mais corrigeable par un traitement spécifique, alors qu’aucun critère fiable, ou au moins validé, que ce soit clinique, psychométrique ou hormonal (y compris le dosage de testostérone sérique) ne permet de limiter les dosages à certaines catégories d’hommes sans risquer de méconnaître une proportion notable des HPRL. En cas d’HPRL franche confirmée par un second dosage, la recherche d’une tumeur hypophy-saire ou hypothalamique est indispensable. Les agonistes de la dopamine constituent le traitement de première intention pour les dysfonctions sexuelles résultant d’une HPRL. L’association d’une prise en charge psycho-sexologique est parfois nécessaire pour un résultat optimal.

Mots clés

hyperprolactinémie dysfonction érectile inhibition du désir sexuel anorgasmie anejaculation éjaculation retardée revue

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