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Contraception masculine hormonale

  • J. F. Guerin1
AndrologieJournal officiel de la Société d’Andrologie de Langue Française6:259

https://doi.org/10.1007/BF03035279

Resume

Les méthodes de contraception hormonale, qui visent toutes à la suppression des gonadotrophines, peuvent être classées en 2 catégories, selon qu’elles font appel aux dérivés des stéroïdes ou aux analogues du GnRH. L’administration de testostérone à doses supra-physiologiques a une action supressive de la spermatogenèse connue depuis longtemps. Elle a été testée dans une étude multicentrique par l’OMS sur 271 volontaires, recevant 200 mg IM par semaine d’enanthate de testostérone: 65% des hommes sont devenus azoospermiques au bout de 6 mois, la moyenne de la concentration spermatique chez les 35% restants étant de 3 millions/ml. Dans une seconde étude de l’O.M.S. parue tout récemment (1996), l’efficacité contraceptive a été testée chez 349 hommes présentant moins de 3 millions de spermatozoïdes/ml: 4 grossesses sont survenues, correspondant à un taux global de 1,4 grossesses pour 100 années-personnes, s’élevant à 8,1% si on excluait les sujets azoospermiques. Ce type de traitement présente 2 inconvénients: les androgènes doivent être obligatoirement administrés sous forme injectable, et les risques d’une hyperandrogénie prolongée, sur les plans hépatique et cardio-vasculaire, ne sont pas nuls. En dehors du traitement par les androgènes seuls, tous les autres protocoles hormonaux doivent inclure la prescription d’un androgène, à doses physiologiques cette fois, pour pallier le déficit endogène consécutif à la freination de LH. Les progestatifs associés aux androgènes (acétate de médroxy-progestérone, 19 Nor éthistérone, levonorgestre …) ont généralement une efficacité contraceptive meilleure et plus rapide que celle des androgènes seuls. En revanche, l’utilisation des agonistes du GnRH s’est révélée décevante, surtout en association avec un traitement androgénique substitutif. Des travaux récents concernant les antagonistes du GnRH (Nal-Glu en particulier) apparaissent plus prometteurs, et ont permis d’obtenir une majorité d’azoospermies, dans des séries néanmoins encore limitées.

En conclusion, les études les plus intéressantes concernent actuellement les associations d’un androgène (à doses physiologiques) avec soit un progestatif, soit un antagoniste du GnRH. Plusieurs problèmes importants demeurent non résolus, en particulier la forme d’administration de l’androgène (il faut pouvoir éviter les injections) et l’impossibilité pour un certain nombre de sujets d’atteindre l’azoospermie.

Mots-clés

contraception masculine hormonale androgènes progestatifs analogues du GnRH

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