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  • Revue
  • Open Access

Contrôle neurologique de l’éjaculation

AndrologieJournal officiel de la Société d’Andrologie de Langue Française14:BF03035176

https://doi.org/10.1007/BF03035176

  • Accepté: 15 septembre 2004

Resume

Le contrôle des fonctions génito-sexuelles et du comportement sexuel par le système nerveux central demeure peu connu. Les résultats cliniques et expérimentaux indiquent que trois niveaux d’organisation participent au contrôle de l’éjaculation par le système nerveux.

Le premier niveau est représenté par les nerfs autonomes et somatiques. Quittant la moelle épinière, ils contrôlent respectivement la motricité, la vascularisation et les sécrétions du tractus génital, et les contractions des muscles striés périnéaux. Leur parcours dans les cavités abdominale et pelvienne est connu, ainsi que les effets pharmacologiques périphériques de leurs neuromédiateurs sur les tissus cibles. Ils apportent en retour des informations sensitives vers la moelle épinière.

Le second niveau est représenté par les segments spinaux (thoracolombaires sympathiques et sacrés parasympathiques et honteux) à l’origine de ces nerfs autonomes et somatiques. Leur rôle est déduit de l’observation des effets délétères des lésions spinales (niveau, étendue) sur l’éjaculation. Cependant leur mise en jeu par, et leur capacité d’intégration, des informations d’origine périphérique (stimulations génitales) et supra-spinale ne sont pas bien connues. Des travaux récents menés chez l’animal de laboratoire ont mis en évidence la participation d’une population de neurones spinaux aux mécanismes de l’éjaculation. Ces neurones sont localisés dans les segments lombaires, ils sont galaninergiques, projettent vers l’hypothalamus et sont sensibles à la substance P. Leur destruction sélective abolit l’éjaculation durant l’accouplement, mais elle épargne l’érection [93].

Enfin le dernier niveau est constitué par les structures nerveuses supraspinales. La moelle épinière reçoit des informations excitatrices et inhibitrices du bulbe rachidien, du pont et de l’hypothalamus. Ces mêmes structures reçoivent des informations sensitives des organes génitaux. Leur participation au contrôle de l’éjaculation demeure inexplorée. Elle est déduite de l’influence de certains traitements pharmacologiques sur la neurotrans-mission centrale. Chez l’Homme, la visualisation des aires cérébrales actives durant l’éjaculation a été rendue possible très récemment par l’utilisation de la tomographie par émission de positrons [37]. Les auteurs démasquent une activité importante de plusieurs aires du seul cortex droit, ainsi que du cervelet.

Il reste à comprendre la coordination intraspinale entre les noyaux moteurs autonomes et somatiques expliquant une bonne synchronisation des voies nerveuses efférentes; le rôle des informations sensitives dans le recrutement et la coordination des différents étages du système nerveux central (moelle épinière, tronc cérébral, hypothalamus, cortex); enfin la coordination entre influences excitatrices et inhibitrices partant des étages supraspinaux et s’exerçant sur la moelle épinière. D’autre part, tant la mise en place de ces réseaux neuronaux durant le développement que leur activité à partir de la puberté sont androgéno-dépendants. La recherche à venir devrait permettre de comprendre quels sont les facteurs de régulation qui permettent aux neurones, sous l’influence des androgènes, d’acquérir leur maturité et d’orienter la synthèse de leurs récepteurs et de leurs neuromédiateurs.

Mots-clés

  • nerf hypogastrique
  • chaîne sympathique paravertébrale
  • éjaculation
  • moelle épinière
  • noyau paraventriculaire de l’hypothalamus
  • ocytocine

Notes

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