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Imagerie des azoospermies d’origine excrétoire

  • F. Cornud1, 2,
  • X. Belin1, 2,
  • D. Delafontaine3,
  • T. Amar4,
  • O. Hélénon2 et
  • J.F Moreau2
Andrologie19966:BF03035069

https://doi.org/10.1007/BF03035069

Publication: 1 mars 1996

Resume

L’hypofertilité d’origine excrétoire représente de 10 à 15% des azoospermies ou des oligozoospermies sévères (<1 million de spermatozoïdes/ml) à FSH normale. Les azoospermies avec normospermie sont liées à un obstacle proximal. L’ échographie du contenu scrotal peut mettre en évidence, quand l’examen clinique n’est pas concluant, une augmentation de volume des épididymes qui ont un aspect hypoéchogène ou une dilatation du tube épididymaire qui n’est détectable que dans la tête de l’épididyme. Quand les marqueurs sont normaux (carnitine et α 1–4 glucosidase), l’obstacle peut être très proximal dans les cônes efférents. Seule l’échographie peut alors détecter une dilatation du rete-testis.

Les azoospermies avec hypospermie et effondrement du fructose séminal traduisent un obstacle distal. Les renseignements fournis par l’échographie et notamment l’échographie endorectale, parfois complétée utilement par l’IRM endorectale, sont différents suivant que l’on palpe ou non des cordons déférents dans les bourses. En cas d’agénésie vésiculo-déférentielle, l’échographie du contenu scrotal montre une dilatation des cônes efférents et du tube de la tête de l’épididyme, qui peut prendre un aspect kystique (spermatocèle). L’échographie du carrefour urogénital montre l’absence d’ampoule déférentielle. Les vésicules séminales, quand elles sont présentes, sont observées dans 95% des cas. Quand l’examen clinique ne palpe qu’un déférent, l’échographie du carrefour urogénital montre une agénésie vésiculo-déférentielle du côté de l’anomalie congénitale et des signes d’obstruction distale du côté opposé dans la moitié des cas. Quand les deux déférents sont palpés dans les bourses, l’échographie endorectale prend toute sa valeur en montrant des signes de sténose distale des canaux éjaculateurs. Les causes sont dominées par les kystes médians compressifs (d’origine Mullérienne ou Wolfienne) et la sténose distale inflammatoire des canaux éjaculateurs, parfois le siège d’une lithiase.

L’échographie endorectale est devenue indispensable dans l’exploration des azoospermies d’origine excrétoire s’accompagnant d’une hypospermie. L’IRM endorectale précise dans des cas sélectionnés, avant de prendre une décision opératoire, les rapports de l’anomalie avec le veru montanum. Elle remplace avantageusement, dans cette indication, la déférentographie. Dans les autres cas, l’échographie du contenu scrotal et/ou du confluent vésiculo-déférentiel est utile quand la palpation du scrotum est difficile et/ou quand le dosage des marqueurs ne peut faire la preuve du caractère excrétoire de l’azoospermie.

Mots clés

Azoospermie excrétoire imagerie échographie endorectale IRM endorectale

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