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Basic and Clinical Andrology

Open Access

Les problemes d'erection: une souffrance encore trop souvent cachee

  • Jacques Buvat1, 2,
  • Jérôme Ratajczyk1, 2 et
  • Antoine Lemaire1, 2
AndrologieJournal officiel de la Société d’Andrologie de Langue Française12:73

https://doi.org/10.1007/BF03034950

Résumé

De nombreuses études épidémiologiques ont montré que les problèmes d'érection étaient fréquents, particulièrement chez les sujets âgés et chez les malades chroniques. Plusieurs d'entre elles ont aussi confirmé par une méthodologie objective l'impression clinique que ces problèmes étaient à l'origine d'une importante souffrance chez l'individu qui en est atteint ainsi que chez sa partenaire. Cette souffrance tient généralement moins à la perte du plaisir sexuel qu'aux sentiments de dévalorisation, d'humiliation, sinon de culpabilité qui résultent chez l'homme de son sentiment d'être “impuissant”, ainsi qu'à l'impact sur son couple des modifications de son caractère et de ses attitudes (repli sur soi, irritabilité, évitement de la tendresse et de l'intimité), auxquels s'ajoute souvent chez la femme une remise en cause au plan de la féminité due à sa fréquente confusion entre manque d'érection et manque de désir pour elle. L'impact des troubles de l'érection déborde donc largement la sphère sexuelle, constitue pour l'homme un véritable problème d'identité, et s'étend souvent à toute la vie relationnelle et même professionnelle (perte du dynamisme et de la confiance en soi).

Plusieurs études objectives ont ainsi confirmé une diminution significative des différentes dimensions de la qualité de vie chez les hommes affectés de problèmes d'érection, ainsi qu'une amélioration significative de la qualité de vie dans son ensemble (et pas seulement de sa dimension sexuelle), et de toute une série de paramètres psychologiques (anxiété, dépression, confiance en soi dans les relations sexuelles et de couple mais aussi dans la vie socio-professionnelle, hostilité, sensitivité interpersonnelle) et des indices généraux de santé après traitement efficace des problèmes d'érection par injections intracaverneuses ou comprimés.

En dépit de la souffrance qu'entraînent les problèmes d'érection, et du fait que tant ceux-ci que cette souffrance peuvent aujourd'hui être traités efficacement, peu d'hommes les mentionnent à un médecin. Plusieurs enquêtes fixent leur proportion entre 5 et maximum 30% de l'ensemble de ceux qui ont des problèmes d'érection, alors qu'elles révèlent aussi qu'une proportion bien plus élevée aimerait être aidée à cet égard. Les hommes sont gênés d'aborder cette question du fait de la persistance des tabous religieux et socio-culturels, de leur honte, de leurs craintes d'être jugés, ou que leur problème soit divulgué, aussi parce que beaucoup craignent que leur demande soit rejetée par le corps médical, ou pensent qu'il n'existe pas de traitement pour ce type de problème, ou qu'il faut s'y résigner du fait qu'il s'agit d'une composante inéluctable du vieillissement masculin. Les enquêtes montrent qu'ils attendent du médecin qu'il pose lui-même la question de la sexualité, ce qui apparaît d'autant plus souhaitable que les problèmes d'érection sont très souvent la conséquence d'une dysfonction endothéliale susceptible de toucher d'autres vaisseaux comme les artères coronaires. Leur dépistage permet d'identifier et de corriger des facteurs de risque communs aux deux affections.

Mots clés

problèmes d'érectionprévalencequalité de viedépistagefreins à la demande d'aide médicale

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