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Basic and Clinical Andrology

Open Access

La puberté surrénalienne

  • M. G. Forest1
AndrologieJournal officiel de la Société d’Andrologie de Langue Française7:BF03034931

https://doi.org/10.1007/BF03034931

Resume

La surrénale produit surtout des stéroïdes de la voie Δ5, la déhydroépiandrostérone (DHA) et son sulfate (DHAS). Leurs taux très élvés à la naissance, décroissent rapidement les premiers mois de vie, et sont très bas de 1 à 6 ans. Ils augmentent abruptement vers 7–8 ans dans les deux sexes, et vers 9–11 ans, avant tout signe de puberté gonadique, DHA et DHAS ont augmenté d'un facteur 10 et 20 respectivement, alors que la sécrétion du cortisol ne change pas. C'est la période pré- et parapubertaire des changements de biosynthèse des androgènes surrénaliens que l'on individualise commepuberté surrénalienne ouadrénarche. Elle est contemporaine du développement progressif de la zone réticulée du cortex surrénal et de l'activation du complexe enzymatique 17α-hydroxylase/17,20-lyase (P450c17) au détriment de la 3β-hydroxystéroïde déshydrogénase. L'adrénarche est un phénomène caractéristique de l'espèce humaine. A l'exception du chimpanzé, elle ne s'observe chez aucun autre mammifère. Les facteurs responsables de l'adrénarche sont toujours mal connus. L'existence d'une régulation propre de la biosynthèse des androgènes a été postulée. Plusieurs hypothèses ont été invoquées (inhibition de la 3ß-ol par les œstrogènes ovariens, effet stimulant des gonadotrophines, de la GH ou de la prolactine) et réfutées à mesure que l'ontogénie des sécrétions pubertaires se précisait. L'ACTH est un facteur trophique indispensable à une sécrétion normale d'androgènes. La dissociation entre la réponse des sécrétions androgéniques et celle du cortisol à l'ACTH a fait suggérer l'existence d'un facteur additionnel à l'ACTH. L'hypothèse que le CASH (cortical androgen-stimulating hormone) soit un segment de la pro-opiomélanocortine attend confirmation. On a aussi invoqué l'effet des variations de gradient du cortisol intra-surrénalien. Les facteurs génétiques joueraient un certain rôle.

En terme de développement le rôle de l'adrénarche apparaît bien modeste. L'administration prolongée de DHAS ou de DHA chez des enfants présentant un retard d'adrénarche a montré qu'ils n'avaient pas de rôle déterminant sur la croissance somatique prépubertaire et le déclenchement de la puberté, et fait remettre en cause le concept classique qu'ils soient par eux-mêmes responsables de la pousse des poils sexuels. L'adrénarche peut être vue comme un index de maturation corporelle. En effet, la DHA est une pro-hormone, accessible au métabolisme périphérique dans un grand nombre de tissus, dont le cerveau. Un certain nombre de ses actions pourraient en dériver, en particulier celles qui sont liées à la lutte contre le vieillissement.

Enfin, des études épidémiologiques récentes suggèrent que des taux circulants bas de DHAS sont corrélés avec une augmentation du taux de morbidité cardio-vasculaire chez l'homme ou de cancer du sein chez la femme. Il n'est pas encore possible de conclure sur l'importance biologique de ces associations, et que les androgènes surrénaliens soient une fontaine de jouvence, d'autant que la DHA peut avoir un rôle tout à fait indirect sur ces effets anti-vieillisement en particulier par son métabolisme en estrogènes ou autres métabolites.

Mots-clés

Adrénarcheandrogènes surrénaliensDHA/DHASgonodarchehyperandrogénie

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