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Basic and Clinical Andrology

Open Access

Mutations du gène de la polymérase gamma de l’ADN mitochondrial (POLG) associées à l’infertilité masculine?

  • Isabelle Esther Aknin-Seifer1, 2,
  • Renaud -Laurian Touraine2,
  • Jean -Pierre Siffroi3,
  • Clément Jimenez4,
  • Hervé Lejeune5,
  • Thierry Bienvenu6,
  • Catherine Patrat7,
  • Jacques Chouteau8,
  • Ken McElreavey9 et
  • Rachel Levy1Email author
AndrologieJournal officiel de la Société d’andrologie de langue française14:BF03034917

https://doi.org/10.1007/BF03034917

Reçu: 15 avril 2004

Accepté: 15 juin 2004

Resume

Le gènePOLG, localisé en 15q24–15q26, code pour la sous-unité catalytique de l’ADN polymérase mitochondriale γ. La partie N terminale contient une série de 13 glutamines dont les 10 premières sont codées par une répétition du trinucléotide CAG. Cette répétition de CAG est polymorphique, avec un allèle majoritaire de 10 CAG (présent dans 87% des cas dans la population générale). Rovio et al. ont comparé le nombre de répétitions des triplets CAG dans une population d’hommes «contrôle» (population générale), d’hommes fertiles et différentes populations d’hommes infertiles; ils ont observé une association entre l’absence de l’allèle normal (correspondant aux 10 répétitions) et l’infertilité masculine, à l’exclusion de l’azoospermie.

Nous avons étudié 503 patients infertiles (dont 84 porteurs d’une microdélétion du chromosome Y) et 90 témoins fertiles et normospermiques. La région contenant les triplets CAG du gènePOLG a été amplifiée et l’analyse de la taille des fragments a été réalisée sur séquenceur.

L’allèle prédominant de 10 répétitions de CAG a été retrouvé chez 98,9% des sujets normospermiques et fertiles de façon homozygote ou hétérozygote (génotype 10/10 ou 10/x). Parmi les sujets infertiles, nous avons trouvé 14 patients (3%) ayant à l’état homozygote un nombre de répétitions différent de 10: dans 6 cas, les sujets ont deux allèles mutants identiques (x/x), et dans les 8 autres cas, les sujets ont 2 allèles différents (x/y).

Contrairement à l’étude de Rovio et al., parmi les 14 patients homozygotes mutants, deux sont azoospermiques et un est cryptozoospermique. De même, dans notre étude, les sujets infertiles sont aussi souvent hétérozygotes 10/x (26,6%) que les sujets fertiles (27%). De plus, un sujet homozygote mutant 12/12 a obtenu une grossesse spontanée; une seconde grossesse est survenue pendant la prise en charge de son infertilité secondaire. Un autre sujet ayant une mutation a obtenu une grossesse après ICSI, ce qui implique que la mutation n’aurait pas d’effet néfaste sur le développement embryonnaire et l’implantation. A la différence de Rovio et al., un mutant a été trouvé parmi les contrôles fertiles (1,1%).

Nos résultats sont les premiers à infirmer ceux de Rovio et al. Ils indiquent qu’il s’agit probablement d’un simple polymorphisme. Il est possible que les résultats présentés précédemment par l’équipe de Rovio et al. proviennent d’un biais d’échantillonnage.

Mots clés

infertilité masculineADN mitochondrialpolymérase gamma

Notes

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