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La contraception masculine

AndrologieJournal officiel de la Société d’andrologie de langue française14:BF03034915

https://doi.org/10.1007/BF03034915

Reçu: 15 avril 2004

Accepté: 15 juin 2004

Resume

Des méthodes de contraception masculine sont actuellement utilisables, en particulier les méthodes mécaniques comme le préservatif, dont le taux d’échec est important, ou la vasectomie qui présente un caractère irréversible. De plus, ces méthodes ne sont pas acceptées par tous les couples.

Les méthodes hormonales sont basées sur la suppression réversible de la sécrétion des gonadotrophines (LH et FSH) et sur l’inhibition des stéroïdes intra-testiculaires et de la production des spermatozoïdes. En 1990 et 1996, l’OMS a publié les résultats de deux études qui montrent que la testostérone administrée par injection peut être utilisée comme moyen de contraception. Ces études démontrent en effet pour la première fois que si une méthode hormonale est en mesure de provoquer une azoospermie ou à défaut une oligozoospermie sévère, elle représente une méthode contraceptive efficace.

Une autre approche possible consiste à utiliser une combinaison de progestatifs ou d’autres hormones capables de supprimer la sécrétion des gonadotrophines avec les androgènes. L’association permet une meilleure suppression de la spermatogenèse. Les quantités d’androgènes administrées peuvent ainsi être réduites pour diminuer leurs effets indésirables à long terme. Les études sont en cours pour déterminer quelles sont les associations les plus efficaces et les moins dangereuses.

Les antagonistes du GnRH permettent d’obtenir la suppression de l’action du GnRH et ainsi de bloquer la spermatogenèse.

Les agents agissant directement sur la spermatogenèse sont souvent très toxiques avec une irréversibilité de l’atteinte de la spermatogenèse qui les rend difficilement utilisables dans le cadre d’une contraception.

La vaccination contraceptive et, en particulier, l’immunisation avec des protéines impliquées dans l’interaction gamétique, constitue une approche très attractive. Une telle idée n’est pas nouvelle; en effet, plusieurs essais d’immunocontraception, utilisant des modèles animaux ont été rapportés ces dernières années. Toutefois, les résultats de ces études restent plutôt décevants. Cela peut s’expliquer d’abord parce que l’immunoneutralisation d’une seule protéine semble insuffisante pour permettre une diminution significative de la fertilité, et ensuite parce que des taux d’anticorps élevés dans le sérum ne sont corrélés ni aux taux observés dans le tractus génital ni à l’efficacité contraceptive.

Mots clés

contraception masculine contraception hormonale immunocontraception antigène spermatique

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