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Déficit androgénique lié à l’âge. Que faut-il attendre de l’androgénothérapie?

AndrologieJournal officiel de la Société d’andrologie de langue française14:267

https://doi.org/10.1007/BF03034914

Reçu: 15 janvier 2004

Accepté: 15 février 2004

Resume

En dehors de tout contexte pathologique ou de prise médicamenteuse, la sénéscence s’accompagne de plusieurs modifications de l’équilibre androgénique. Le taux de production de testostérone s’abaisse avec,a contrario, augmentation de sa capacité de liaison aux protéines porteuses. La fraction libre de la testostérone, considérée comme la seule biologiquement active, s’abaisse, aboutissant, lorsque ce phénomène dépasse un certain seuil, à une hypo-androgénie tissulaire. Le tableau clinique qui en est la conséquence emprunte plus ou moins profondément les symptômes de l’hypogonadisme masculin: asthénie physique et psychique, réduction de la libido et des capacités érectiles, inflation de la masse adipeuse aux dépends de la masse maigre, gynécomastie, ostéoporose et altérations métaboliques pro-athéromateuses.

La définition du seuil de testostéronémie au dessous duquel la responsabilité d’un déficit androgénique peut être retenue devant un tableau clinique compatible représente une question clef dont dépendra l’attitude thérapeutique. Faute de référence clairement validée dans une population d’hommes âgés en bonne santé, le seuil considéré comme pathologique a été fixé à la moyenne du taux plasmatique de testostérone des hommes de 30 à 50 ans diminuée de deux déviations standard, rejoignant ainsi la zone de l’hypogonadisme de l’homme adulte. L’association de signes cliniques évocateurs et d’un abaissement de la testostérone totale ou mieux biodisponible, amène à proposer une androgénothérapie substitutive, une fois les contre-indications (notamment prostatiques) écartées.

L’objectif de la thérapeutique est de lutter contre les conséquences de l’hypo-testostéronémie, stigmate biologique du déficit androgénique associé à l’avancée en âge. Certains bénéfices sont manifestes et clairement démontrés comme la réduction de la masse grasse, le gain de masse maigre et de force musculaire. Il en est de même de la minéralisation osseuse qui s’accroît d’autant plus que le taux de testostérone initial est bas. Il est en effet essentiel de souligner que ces effets bénéfiques sont observés chez des hommes âgés authentiquement hypogonadiques, ce qui,a contrario, n’est pas démontré chez l’homme âgé non déficitaire en testostérone.

A l’inverse de la substitution par la testostérone qui peut en favoriser le développement, le recours à un traitement par dihydrotestostérone aura un effet réducteur sur la gynécomastie. Enfin, lorsque l’hypogonadisme participe à la genèse de troubles de la sexualité, la substitution androgénique s’avèrera efficace si les autres facteurs de causalité, susceptibles d’intervenir conjointement à l’hypogonadisme, sont également traités. L’androgénothérapie substitutive améliore le bien-être et l’asthénie physique de l’homme hypogonadique. Rien de tel n’est cependant démontré chez l’homme dont le seul critère de sélection est l’âge. Si l’androgénothérapie substitutive d’un hypogonadisme n’exerce pas d’influence délétère sur les paramètres lipidiques, ses éventuels effets protecteurs vasculaires restent à démontrer.

En conclusion, la substitution androgénique, prescrite dans le strict respect de ses contre-indications, apportera des effets bénéfiques quel que soit l’âge, à condition que l’hypogonadisme soit clairement établi. Elle n’apporte par contre aucun bénéfice symptomatique démontré dans les autres cadres pathologiques.

Mots clés

sénéscence déficit androgénique hypogonadisme masculin

Notes

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