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Traitement par ultrasons focalisés du cancer localisé de la prostate: Résultats carcinologiques et pronostic sexuel

  • Albert Gelet1Email author,
  • Laura Poissonnier1,
  • Jean -Yves Chapelon2,
  • Raymonde Bouvier1,
  • Olivier Rouviere1,
  • Denis Lyonnet1 et
  • Jean Michel Dubernard1
AndrologieJournal officiel de la Société d’andrologie de langue française13:242

https://doi.org/10.1007/BF03034878

Resume

Objectifs

Evaluer l’efficacité du traitement du cancer localisé de la prostate par ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU), et son retentissement sur la fonction sexuelle.

Matériels et méthodes

120 patients potentiellement curables présentant un cancer de la prostate de stade clinique T1–T2 avec un PSA initial <10 ng/ml (groupe 1) et 167 patients avec un PSA initial <30 ng/ml (groupe 2), non candidats à la prostatectomie radicale, ont été traités par HIFU (ABLA-THERM®, EDAP SA). Dans ces 2 populations, l’échec clinique a été défini comme la nécessité de recourir à un traitement adjuvant. La progression de la maladie (échec biologique) a été strictement définie par l’identification d’un cancer résiduel sur les biopsies de contrôle (quelque soit le taux de PSA) ou par 3 élévations successives du PSA (lorsque les biopsies de contrôle étaient négatives) avec une vélocité supérieure à 0,75 ng/ml/an. Les taux de survie sans progression ont été calculés selon la méthode de Kaplan-Meier. Les taux de succès stratifiés selon les facteurs de risque ont été comparés par Log-Rank tests. L’impact du traitement sur la fonction sexuelle a été évalué au moyen d’un questionnaire chez 70 patients ayant reçu un traitement standard et 28 patients pour lesquels le traitement tentait de préserver les nerfs érecteurs.

Résultats

Le suivi moyen est de 27 mois et 23 mois dans les groupes 1 et 2, respectivement. Les biopsies de contrôle ne montrent pas de cancer résiduel chez 103 patients du groupe 1 (86%), et 131 patients du groupe 2 (78%). Dans le groupe 1, un cancer résiduel a été identifié chez 17 patients mais seuls 6 patients ont nécessité un traitement adjuvant (hormonal: n=2, radiothérapie: n=4), soit un taux de succès clinique de 95%. Dans le groupe 2, 36 patients ont présenté des biopsies positives lors du suivi, dont 21 ayant nécessité un traitement adjuvant (hormonal: n=10, radiothérapie: n=11), soit un taux de succès clinique de 87,5%. Le taux de survie sans progression est de 76,9% et 66% dans les groupes 1 et 2, respectivement. Dans le groupe 2, les taux de survie sans progression ont été stratifiés en fonction du niveau de risque initial: 85% pour les patients à faible risque, 67,5% pour les patients à risque intermédiaire, et 42% pour les patients à haut risque. Dans la population globale, 70 patients avaient une fonction sexuelle normale avant traitement: 25 patients (36%) ont conservé des érections autorisant les rapports sexuels après le traitement par ultrasons. Une procédure de traitement visant à épargner les nerfs érecteurs a été testée sur 28 patients: 43% de ces patients ont conservé des érections permettant la pénétration vaginale, montrant ainsi que cette procédure est encore perfectible.

Conclusion

Ces résultats montrent que le traitement par ultrasons focalisés est une option thérapeutique dont les résultats carcinologiques sont comparables aux autres traitements non chirurgicaux du cancer de la prostate. Après traitement complet de la glande prostatique, plus d’un tiers des patients conservent une érection permettant la pénétration vaginale, ce résultat étant à interpréter pour une population âgée de 72 ans en moyenne. La mise au point d’une procédure permettant d’épargner les nerfs érecteurs est en cours.

Mots clés

ultrasons focalisés cancer localisé de prostate dysérection

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