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Prostatectomie radicale rétropubienne avec préservation nerveuse. Technique et résultats à propos de 200 cas

  • Philippe Chauveau1Email author,
  • Christian Barre1,
  • Hervé Picard3,
  • Philippe Pocholle1,
  • Philippe Colls1 et
  • Geneviève Aillet4
AndrologieJournal officiel de la Société d’andrologie de langue française13:BF03034877

https://doi.org/10.1007/BF03034877

Resume

Introduction

La préservation des nerfs érecteurs dans la prostatectomie radicale rétropubienne expose au risque de marges d’exérèses postérolatérales positives. Nous décrivons des modifications de la technique de préservation nerveuse en analysant l’incidence des marges d’exérèses positives et le taux de reprise des rapports sexuels.

Méthode

entre 1990 et 2000, 605 patients ont été opérés d’une prostatectomie radicale rétropubienne; parmi eux, 200 patients consécutifs ont été sélectionnés pour une préservation nerveuse: bilatérale (87%), unilatérale (13%). L’âge moyen était de 61,7 ans, le P.S.A. moyen 10,48, le stade clinique T1 (41%) ou T2 (59%), le score de Gleason de 2 à 6 pour 81% et de 7 à 8 pour 19%.

Les pièces de prostatectomies ont été totalement encrées avant d’être fixées et analysées histologiquement selon le protocole de Stanford.

La fonction érectile a été systématiquement évaluée avant l’intervention, puis régulièrement tous les trois mois pendant deux ans en post-opératoire. Seuls les patients ayant une reprise des rapports sexuels avec pénétration vaginale sans assistance pharmacologique ont été considérés puissants.

Résultats

Des marges d’exérèses positives ont été retrouvées chez 35 (17%) patients et identifiés en postéro-latéral sur le site de la préservation nerveuse chez 8 (4%) patients.

Au total, sur les 157 patients évaluables avec un recul minimum de 2 ans, 70% ont une reprise des rapports sexuels sans aide pharmacologique. En analyse multivariée, les seuls facteurs pronostiques significatifs affectant la reprise post-opératoire des rapports sexuels ont été la qualité de la fonction érectile pré-opératoire et le degré de préservation, bilatéral versus unilatéral; l’âge n’a pas été identifié comme facteur pronostique significatif.

Conclusion

Les améliorations techniques de la préservation nerveuse apportent un risque extrêmement limité de marges d’exérèses postéro-latérales positives, en maintenant des résultats très favorables sur la reprise de la fonction érectile.

Mots clés

cancer de prostate prostatectomie radicale préservation nerveuse sexualité

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