Open Access

Retentissement de l’infection genitale a chlamydia trachomatis sur le sperme chez les hommes consultant pour infertilite du couple

  • L. Ammar-Keskes1, 2,
  • R. Gdoura3,
  • F. Bouzid4,
  • F. Ben Salah1, 2,
  • D. Sellami3,
  • H. Hakim3,
  • A. Hammami3,
  • T. Rebaï1, 2,
  • S. Rekik4 et
  • J. Orfila5
AndrologieJournal officiel de la Société d’andrologie de langue française8:BF03034759

https://doi.org/10.1007/BF03034759

Resume

Introduction

l’infection génitale à Chlamydia trachomatis (CT) est une cause fréquente d’infertilité du couple. Son retentissement sur les paramètres du sperme et sur la fertilité masculine reste controversé. Le but de cette étude prospective est d’évaluer l’impact de l’infection génitale à CT sur le sperme chez des hommes consultant pour infertilité du couple.

Matériel et méthodes

l’étude a porté sur 97 couples infertiles. La recherche de CT était réalisée sur les prélèvements génitaux par immuno-fluorescence directe (IFD), culture cellulaire, PCR et ELISA, et sur les prélèvements sanguins par micro-immunofluorescence (MTF). Chez tous les hommes, un spermogramme complet était réalisé selon la méthode standardisée de l’OMS (1).

Résultats

34% des hommes étaient positifs pour un ou plusieurs marqueurs de l’infection chlamydienne (CT+). Dans environ 76% des cas l’infection était asymptomatique et dans 60,6% des cas les épouses étaient CT+. Les valeurs moyennes des paramètres du spermogramme dans les deux groupes de patients CT-t et CT-ne montraient pas de différences significatives; elles étaient respectivement de 39,6%±17,5% et de 40,4%±14,9% pour la mobilité des spermatozoïdes, de 61,9%±18,1% et 62,4%±18,5% pour la vitalité, de 80,7×106±67,5×106 et 67,1×106±65,2×106 pour la numération et de 34,7%±16,7% et 33%±0,1% pour le taux des formes normales. L’oligospermie était significativement plus fréquente dans le groupe CT+(54,5%) contre (26,9%) dans le groupe CT-. Les taux élevés de flagelles enroulés étaient observés chez 18,5% des patients CT+et chez 7,4% des patients CT-, mais la différence n’est pas significative.

Discussion

La prévalence de l’infection génitale à CT est fréquente dans notre étude. L’absence de retentissement de l’infection chlamydienne sur les valeurs moyennes des paramètres du spermogramme permet de suggérer qu’il n’existe pas d’effet délétère de CT sur les spermatozoïdes, mais nous ne pouvons pas exclure un retentissement sur leurs capacités fécondantes ou sur leur ultrastructure. La fréquence relativement élevée de l’oligospermie dans le groupe CT+ suggère l’existence d’un effet néfaste sur la fonction gamétogéne du testicule ou sur la perméabilité des voies spermatiques. Une autre hypothèse serait que l’oligospermie, reflet d’une spermatogenèse perturbée pourrait être associée à une diminution de l’immunité locale favorisant ainsi les infections. Des études plus rigoureuses avec une exploration complète de toutes les fonctions spermatiques et des différents compartiments du tractus génital sont nécessaires pour déterminer avec plus de précision le retentissement réel de l’infection chlamydienne sur la fonction de reproduction de l’homme.

Mots-clés

Chlamydia trachomatis infection génitale infertilité spermogramme

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