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Les violences sexuelles

  • L. Daligand1 et
  • D. Gonin2
AndrologieJournal officiel de la Société d’andrologie de langue française9:BF03034671

https://doi.org/10.1007/BF03034671

Resume

Le code pénal réprime sévèrement toutes les formes de violences sexuelles. Il les divise en agressions sexuelles et en atteintes sexuelles.

L’exploitation de 275 expertises psycho-dynamiques d’auteurs de violences sexuelles que nous avons réalisées en dualité d’experts a conduit aux constatations suivantes:

Les auteurs ont de 12 à 68 ans. 108 ont de 12 à 25 ans et 109 de 26 à 40 ans.

Les parents ont laissé une place vide dans l’histoire infantile des auteurs d’agressions. Les agresseurs viennent majoritairement d’une famille nombreuse.

Les conclusions de l’expertise permettent d’affirmer que:

50% des auteurs sont immatures, 90 ont des troubles psychiques c’est-à-dire faisant référence à une affection de la nosographie psychiatrique. Les expertieses ont révélé l’existence d’une structure névrotique dans 20 cas, d’une structure perverse dans 16 cas et d’une structure psychotique dans 9 cas.

Les études sur la psychopathologie des agresseurs sexuels, en particulier les travaux de Claude Balier mettent en évidence:

l’angoisse de base, le clivage de la personnalité, le traumatisme antécédent (la plupart des agresseurs sexuels ont été eux-mêmes agressés dans leur enfance), les contre-organisations face à l’angoisse. Les travaux de Bernard Cordier sur la pédophilie permettent l’ébauche d’une clinique. Les pédophiles peuvent se diviser en trois groupes: les pédophiles primaires ou chroniques, les pédophiles atteints d’une anomalie mentale, les pédophiles réactionnels ou transitoires.

L’exploitation de 228 expertises de victimes (195 femmes et 33 hommes) que nous avons réalisées apporte les éléments suivants:

La très grosse majorité des victimes est constituée de mineurs de 3 à 18 ans (72%), dont 109 ont moins de 15 ans (47%).
  • - 106 des victimes ont un père insuffisant, soit 46,5% ce qui est proche des 50% de pères défaillants chez les agresseurs.

  • - 24% des pères sont décrits comme violents.

  • - 40,8% des mères sont décédées, divorcées ou séparées ce qui est beaucoup pour une population de victimes plutôt jeunes

  • - 6,5% des mères sont décrites comme violentes.

Plus de 40% ont été élevées en foyer ou en nourrice.

17,6% ont de mauvais souvenirs ou pas de souvenirs du tout de leur enfance, 10% ont subi des sévices, 36% ont eu des toubles psychiques. Ces chiffres montrent la fragilité structurale des victimes, leur déficience ayant facilité l’emprise de leur agresseur.

Les conclusions d’expertise affirment des séquelles de l’agression dans 71% des cas.

La loi du 17/6/98 relative à la prévention et à la répression des atteintes sexuelles ainsi qu’à la protection des mineurs, met en place d’une part un suivi sociojudiciaire pour les délinquants sexuels, d’autre part un véritable «statut» de l’enfant victime d’abus sexuel.

Si la notion de traitement a beaucoup progressé concernant les victimes, trop longtemps absentes dans le processus judiciaire, le traitement des agresseurs malgré la fermeté apparente des textes, reste encore à établir.

Mots clés

viol violences sexuelles agression sexuelle abus sexuel victime

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