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Prévalence de la pyospermie et retentissement sur la qualite du sperme chez les hommes infertiles

  • L. Ammar-Keskes1,
  • N. Chakroun-Fki1,
  • F. Bouzid2,
  • A. Bahloul3,
  • S. Masmoudi3,
  • M. Trifa3,
  • T. Rebaï1,
  • S. Rekik2 et
  • N. Mhiri3
AndrologieJournal officiel de la Société d’andrologie de langue française9:BF03034664

https://doi.org/10.1007/BF03034664

Resume

Il existe de nombreuses controverses concernant la relation entre la présence de leucocytes dans le sperme et la fertilité masculine. Dans le but de déterminer le retentissement de la pyospermie sur la qualité du sperme, nous avons entrepris une étude rétrospective dans laquelle nous avons comparé les paramètres du sperme ainsi que la fréquence des anomalies spermatiques entre des patients infertiles présentant au spermogramme une pyospermie (leucospermie ≥1 million/ml de sperme) et des patients non pyospermiques (leucospermie <50.000/ml de sperme). 833 spermogrammes réalisés selon le procédé standardisé de l’OMS ont été inclus dans l’étude. L’identification des leucocytes était réalisée par la technique de Endzt, basée sur la révélation de la peroxydase dans les granulocytes.

La prévalence de la pyospermie était rare (5,88%). Nous n’avons pas trouvé de différences significatives entre les valeurs moyennes des principaux paramètres du spermogramme en présence ou en absence de pyospermie. Il n’existait aucune corrélation significative entre les valeurs de la leucospermie et les paramètres du sperme. Cependant, la morphologie était anormale dans seulement 34,1% des spermes avec pyospermie, contre 47,2% des spermes sans pyospermie (p<0,05), ce qui pourrait traduire un rôle favorable des leucocytes dans l’élimination des spermatozoïdes anormaux. L’oligospermie était au contraire plus fréquente dans le groupe de patients pyospermiques (40,8% contre 20,3%, p<0,01). Ce résultat appuie l’hypothèse selon laquelle l’inflammation associée à la pyospermie entraînerait des remaniements histologiques aboutissant à une réduction de la perméabilité des voies génitales ou encore à une perturbation de la fonction gamètogène. Aucune relation n’a pu être établie entre la leucospermie et l’infection génitale, du fait de l’insuffisance d’arguments cliniques et biologiques. Une étude prospective comportant une exploration exhaustive est nécessaire afin de d’établir avec précision le lien existant entre la leucospermie et l’infection et déterminer le retentissement de la pyospermie sur l’activité des différents compartiments glandulaires du tractus génital masculin.

Mots clés

Pyospermie leucospermie spermogramme spermatozoïde infertilité masculine inflammation

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