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Déficit Androgénique Lié à l’Age

  • H. Lejeune1
AndrologieJournal officiel de la Société d’Andrologie de Langue Française11:231

https://doi.org/10.1007/BF03034636

Résumé

L’amélioration de l’espérance de vie est particulièrement nette dans les pays développés. La conséquence en est un vieillissement de la population. Avec l’avancée en âge, on voit apparaître chez certains hommes, des symptômes ressemblant, a minima, à ceux observés en cas d’hypogonadisme. Toutefois, contrairement à l’arrêt brutal des fonctions ovariennes à la ménopause chez la femme, l’altération des fonctions testiculaires avec l’âge n’est que partielle et progressive chez l’homme. Plusieurs études transversales ont démontré une diminution de la testostérone circulante au cours du vieillissement chez l’homme, et cette diminution persiste si les études ne s’adressent qu’à des hommes en bonne santé. Cette diminution de la testostérone avec l’âge a été récemment confirmée par des études longitudinales, le déclin apparaît progressif, débutant tôt, dès la fin de la trentaine avec une décroissance constante pendant toute la vie. Parallèlement à la diminution de la testostérone totale dans le sang, la Sex Hormone Binding Globulin (SHBG) augmente avec l’âge, ainsi, la testostérone libre et la testostérone non liée à la SHBG (appelée testostérone biodisponible) diminuentelles de manière encore plus nette que la testostérone totale avec l’âge. Comme d’autres facteurs de variations de la SHBG sont fréquemment rencontrés chez les sujets âgés, en particulier sa diminution chez l’obèse et/ou en cas d’insulinorésistance, et comme la mesure fiable de la testostérone libre par dialyse à l’équilibre n’est pas réalisable en pratique clinique, la mesure de la testostérone biodisponible représente le meilleur moyen de faire le diagnostic du déficit androgénique partiel du sujet âgé. L’élévation de la LH chez le sujet âgé en bonne santé, la diminution de la réponse de la testostérone à l’injection d’hCG et la réduction du nombre de cellules de Leydig sont autant d’indicateurs de l’origine testiculaire du déficit en testostérone. Toutefois, la fonction gonadotrope est aussi altérée, de manière relative, avec l’avancée en âge. La sensibilité de l’hypothalamo-hypophyse au rétrocontrôle par les stéroïdes sexuels est augmentée, l’amplitude des épisodes sécrétoires pulsatiles de LH est diminuée et la réponse de la LH à l’injection de GnRH est émoussée par rapport au sujet jeune. II en résulte que le dosage de LH n’est pas un index valide pour diagnostic du déficit androgénique partiel du sujet âgé.

Aucune des fonctions androgenodépendantes altérées chez le sujet âgé (libido, érection, sensation de bien-être, masse et force musculaire, masse grasse, masse osseuse, erythropoïèse…), n’est sous le contrôle exclusif des androgènes et aucun symptôme n’est totalement spécifique du déficit androgénique partiel du sujet âgé. Ainsi en pratique, il est nécessaire d’associer à la symptomatologie clinique, la notion de la diminution de la testostérone biodisponible au-dessous d’un seuil indiquant un déficit en androgène, pour mettre en place un traitement androgénique substitutif. La valeur seuil reste l’objet de discussion, la plupart des auteurs considèrent actuellement comme valeur seuil, la valeur inférieure de la normale des hommes de moins de 40 ans.

Mots Clés

andropause testostérone biodisponible traitement androgénique substitutif

Notes

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