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Les génotypes responsables de mucoviscidose ou d’absence bilatérale des canaux déférents ABCD

  • M. Claustres1
AndrologieJournal officiel de la Société d’Andrologie de Langue Française11:BF03034631

https://doi.org/10.1007/BF03034631

Résumé

La dernière décade a dévoilé la base génétique de l’absence bilatérale des canaux déférents (ABCD) en démontrant son association avec des mutations dans le gène CFTR, de sorte que, dans la majorité des cas, l’ABCD est maintenant considérée comme une forme incomplète de mucoviscidose. Nous résumons dans cet article de revue les principaux résultats de la compilation de l’analyse du gène CFTR réalisée par les laboratoires français pour 3923 patients atteints de mucoviscidose typique et 800 hommes en bonne santé présentant une ABCD. Le degré d’expression clinique dépend de plusieurs variables, en particulier des mécanismes moléculaires par lesquels les diverses mutations altèrent ou interrompent l’activité canal ionique de la protéine CFTR. Le spectre clinique varie de la mucoviscidose sévère avec détérioration pulmonaire progressive et insuffisance pancréatique (CF-PI), aux formes pulmonaires atténuées avec conservation des fonctions pancréatiques (CF-PS) ou encore des formes mono ou pauci-symptomatiques dénommées récemment “maladies du CFTR”. Dans la mucoviscidose typique, 310 mutations CFTR différentes avaient été identifiées en France en 1999, représentant 94% des 7846 allèles CF. Près de 500 génotypes mutationnels différents avaient été recensés, composés soit de 2 mutations sévères (88%, CF-PI), soit d’une mutation sévèreen trans d’une modérée (11%, CF-PS) ou de 2 mutations modérées (1% des génotypes identifiés). Dans le groupe ABCD, 137 mutations éparpillées sur l’ensemble du gène CFTR avaient été identifiées dans 60% des 1600 allèles ABCD. Parmi les 150 génotypes caractérisés, l’hétérozygotie composite était la règle, les combinaisons les plus fréquentes étant ΔF508/5T (35%), ΔF508/autre mutation (30%, incluant ΔF508/R117H-7T, 5,6%), et 5T/autre mutation (17%). Par contraste avec le groupe CF, 88% des génotypes identifiés comprenaient une mutation sévèreen trans d’une modérée, et 12% 2 mutations modérées. Un total de 22 génotypes étaient communs entre les cohortes CF et ABCD. Le rôle de l’allèle 5T comme variant d’épissage à pénétrance incomplète est rappelé. D’autres variations de séquence, tels l’allèle TG12 ou le polymorphisme exonique M470V peuvent influencer l’épissage et/ou la fonction du CFTR.

Cette étude confirme la très grande hétérogénéité moléculaire CFTR dans l’ABCD et la nécessité d’une étude exhaustive du gène pour détecter les mutations chez ces patients. Des études de suivi à long terme des hommes ABCD sont indispensables pour évaluer les conséquences phénotypiques de nombreux génotypes mutationnel.

Mots clés

Absence bilatérale des canaux déférents agénésie vésiculo-déférentielle mucoviscidose gène CFTR mutations

Notes

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