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Les cellules de la lignée germinale humaine ont la capacité d'internaliser la sex steroid-binding protein humaine (SBPh): Etude par autohistoradiographie en microscopie électronique à transmission (MET)

  • R. Bedjou1,
  • A. Gerard2,
  • F. Felden2,
  • P. Franck3,
  • Th Durriez4,
  • J. Hubert5,
  • H. Lejeune6,
  • J. L. Gueant2 et
  • H. Gerard4
AndrologieJournal officiel de la Société d’Andrologie de Langue Française5:BF03034539

https://doi.org/10.1007/BF03034539

Resume

Il a été récemment démontré que les cellules spermatogénétiques de rat sont capables de lier et d'internaliser spécifiquement l'androgen-binding protein de rat (ABPr). De même les cellules spermatogénétiques du macaque, sont capables de lier et d'internaliser spécifiquement la sex steroid-binding protein humaine (SBPh).

Cette étude consiste à tester si des interactions entre les cellules spermatogénétiques et les protéines de liaison des stéroïdes existent également chez l'homme. Les cellules germinales proviennent d'une part des biopsies testiculaires de patients hypofertiles et d'autre part de pulpectomies indiquées pour cancer prostatique.

Les observations en MET révèlent la présence de deux types de structures reliés à l'endocytose dans les cellules spermatogénétiques. Premièrement, les puits et vésicules recouverts de 96 ± 10 nm de diamètre, associés à la membrane plasmique. Deuxièmement, les endosomes précoces (vésicules non recouvertes) de 225 ± 60 nm de diamètre localisés à la périphérie du cytoplasme ainsi que les endosomes tardifs, souvent organisés en corps multivésiculaires (CMV) dans le cytoplasme périnucléaire. Ces deux types de structures de l'appareil endocytaire sont présents à tous les stades de maturation des cellules germinales. Les vésicules non recouvertes sont toujours plus nombreuses que les vésicules recouvertes quel que soit le stade.

Les cellules germinales isolées etin situ maintenues dans l'épithélium séminifère ont été exposées au milieu de culture contenant le complexe SBPh purifiée (à partir de sérum de femme enceinte)-Δ6-testotérone tritiée (80 000 cpm/ml, 30 ng) photomarquée. L'étude des interactions SBPh/cellules germinales est fondée sur les analyses qualitatives et quantitatives du marquage révélé par autohistoradiographie en MET.

Nos résultats montrent que cette incubation provoque un important marquage des cellules spermatogénétiques. La préincubation avec de la SBPh non marquée en large excès, de même qu'un prétraitement par l'EGTA reduit significativement le marquage. Une fois internalisée, la SBPh est localisée au niveau du compartiment endocytaire et spécialement sur les membranes délimitant ce compartiment. Un marquage intranucléaire a été également observé, sauf dans les noyaux condensés des spermatides allongées.

Au total, ce travail montre que les cellules spermatogénétiques humaines possèdent les structures cellulaires caractéristiques d'une activité d'endocytose et ont la capacité de lier et d'internaliser la SBPh à partir du compartiment extracellulaire. Ce résultat confirme ceux obtenus sur des modèles animaux (rat et macaque) et conduit à considérer que l'existence d'interactions entre les cellules spermatogénétiques et les protéines de liaison des stéroïdes constitue un phénomène général et probablement impliqué dans le déroulement de la spermatogénèse. Les mécanismes par lesquels les proteines de liaison des stéroïdes interviennent dans le contrôle de la fertilité chez l'homme restent à élucider.

Mots Clés

SBPh récepteur de la SBPh cellules germinales homme

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