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Chimiothérapie anticancéreuse chez le mâle: risques pour la descendance

  • M. Auroux1
AndrologieJournal officiel de la Société d’Andrologie de Langue Française5:BF03034530

DOI: 10.1007/BF03034530

Resume

Les études concernant la descendance des hommes sous chimithérapie sont difficiles à interpréter parce que, jusqu'à présent, elles sont souvent hétérogènes et parfois contradictoires. En outre, le suivi à long terme des enfants n'a pas été entrepris.

Les études expérimentales faites chez le rat avec le cyclophosphamide montrent que si le croisement du mâle a lieu pendant le traitement, le nombre des pertes embryonnaires et des malformations foetales est important; si le croisement a lieu après une période de récupération d'un à deux cycles spermatogénétiques on n'observe pas de malformation mais des morts néonatales et, chez la progéniture adulte, des troubles du comportement et de l'apprentissage. Ces anomalies, transmissibles, peuvent présenter les caractères de syndromes autosomiques dominants. Mais elles sont susceptibles de réarrangements génétiques complexes s'exprimant par exemple, à la troisième génération, par des troubles de la croissance pondérale. Les résultats expérimentaux suggèrent enfin la possibilité d'une réparation génétique en fonction du temps.

Ces données et les incertitudes concernant les conséquences de la chimiothérapie chez l'homme devraient systématiquement conduire:
  • - à la conservation du sperme avant tout traitement présentant un risque mutagène;

  • - à une contraception d'au moins deux ans à partir de la fin du traitement;

  • - au suivi à long terme des enfants nés de pères ainsi traités.

Mots clés

chimiothérapie spermatogenèse mutations descendance

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