Open Access

Analyse chromosomique des œufs humains non clivés après injection intracytoplasmique de spermatozoïde

  • Selva J. 1,
  • Bergère M. 1,
  • Frydman N. 1,
  • Rodrigues D. 1,
  • Fanchin R. 1,
  • Olivennes F. 1 et
  • Frydman R. 1
AndrologieJournal officiel de la Société d’Andrologie de Langue Française5:BF03034343

DOI: 10.1007/BF03034343

Resume

La microinjection intracytoplasmique d’un spermatozoïde dans l’ovocyte (ICSI), est une technique récente permettant d’obtenir des embryons pour des couples souffrant d’infertilité d’origine masculine sévère. Nous avons étudié les ovocytes non clivés 48 heures après l’injection. Cette analyse cytologique permet d’une part de déterminer le stade d’évolution du noyau spermatique dans le cytoplasme ovocytaire et donc de préciser l’étape de l’échec, d’autre part d’observer les chromosomes ovocytaires et leurs éventuelles anomalies. Après fécondation in vitro classique, dans 80% des cas l’échec est expliqué par une absence de fécondation mais environ 10% des absences de clivage sont dues à une condensation prématurée des chromosomes spermatiques. Notre étude a été menée sur deux périodes différentes. Pendant la première période, l’injection du spermatozoïde était faite dès que la membrane ovocytaire était rompue, pendant la deuxième période, l’aspiration était brièvement maintenue après rupture de la membrane, avant que le spermatozoïde soit injecté.

Les taux de fécondation ont été de 15% et de 54% respectivement au cours des deux périodes. L’analyse des ovocytes fixés pendant la première période a montré que dans 71% des cas il y avait absence complète de décondensation du noyau spermatique alors que cette situation ne représentait que 33% des cas de la deuxième série. Les anomalies de décondensation du noyau spermatique ont en revanche pu être observées plus fréquemment dans la deuxième série (26,7%) que dans la première (8,2%).

Il semble donc que la technique d’injection elle même puisse jouer un rôle dans l’évolution du spermatozoïde, et en ce sens l’analyse cytogénétique des oeufs constituerait un contrôle de qualité de la technique d’injection.

Dans les deux séries, la fréquence des ovocytes présentant une anomalie chromosomique était plus élevée qu’après une fécondation in vitro classique. Ceci devra être confirmé sur une plus grande série.

Mots clés

microinjection intra-cytoplasmique ovocyte spermatozoïde chromosome

Advertisement