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Les injections intracaverneuses de prostaglandine E1: un reel progres dans l’efficacite et la securite des injections intracaverneuses

  • Jacques Buvat1,
  • Michèle Buvat-Herbaut1,
  • Antoine Lemaire1 et
  • Gérard Marcolin1
AndrologieJournal officiel de la Société d’andrologie de langue française1:BF03034178

DOI: 10.1007/BF03034178

Resume

Les injections intracaverneuses (IIC) de substances vasoactives ont constitué une avancée majeure dans l’exploration et le traitement de l’impuissance. Les substances de première génération (papavérine ± phentolamine et phenoxybenzamine) sont cependant à l’origine d’un taux notable de complications. Cet article fait la revue de la littérature consacrée à une substance de 2ème génération, la prostaglandine E1 (PGE1) et compare ses résultats chez près de 4000 patients à ceux obtenus de la papavérine ± phentolamine chez plus de 5000. Des données expérimentales suggèrent que la PGE1 pourrait jouer un rôle dans l’érection normale et que sa tolérance locale devrait être meilleure que celle de la papavérine. Les études cliniques sans comparaison intra-individuelle tendent à confirmer cette meilleure tolérance: érection prolongée en cours de bilan chez 2,7% des patients (dont seulement 0,3% nécessitent un traitement) contre 9,5% avec la papavérine et 5,3% avec l’association; après un traitement par auto-IIC, fibrose chez 0,4% contre 3,5 à 5,4% après papavérine. La PGE1 induit un peu plus souvent que la papavérine ± phentolamine une érection compatible avec la pénétration (77% vs 73 %). Elle entraine cependant dans 23% des cas une douleur accompagnant l’injection ou, plus spécifiquement l’érection (intense dans seulement 3,9% des cas). Les études avec comparaison intraindividuelle confirment la diminution statistiquement significative du risque d’érection prolongée nécessitant un traitement, et l’efficacité supérieure, bien que la papavérine soit supérieure à la PGE1 dans une minorité des cas. En réduisant les risques, la PGE1 permet d’utiliser d’emblée les doses efficaces pour les injections diagnostiques. Son efficacité supérieure réduit le taux des faux négatifs chez les psychogènes, et repousse les limites des traitements par auto-IIC.

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